Le Laboratoire de Morphologie Fonctionnelle et Évolutive de l'Université de Liège contribue au projet européen MOOBYF (Monitoring the Open Ocean BiodiversitY with Fishers) financé par l'Europe dans le cadre du programme BiodivErsa+. Ce projet vise à utiliser les Dispositifs de Concentration de Poissons (DCP) des pêcheurs locaux pour appréhender la biodiversité du pelagos.
L
es écosystèmes pélagiques, qui englobent les organismes marins et les caractéristiques environnementales de l'océan ouvert, sont parmi les plus grands écosystèmes de la Terre et sont de plus en plus reconnus pour leur rôle crucial dans le soutien aux sociétés humaines. Premièrement, les espèces pélagiques sont des sources alimentaires vitales, essentielles pour la sécurité alimentaire de nombreux pays en développement. Deuxièmement, ces écosystèmes jouent un rôle significatif dans la régulation climatique en tant que puits de carbone à long terme dans la biosphère.
"Actuellement, la biodiversité pélagique est confrontée à des menaces significatives dues aux activités humaines et au changement climatique, soulevant des préoccupations majeures quant au statut de conservation de plusieurs espèces, explique Marine Banse, Post-Doctorante au Laboratoire de Morphologie Fonctionnelle et évolutive de l'ULiège. En raison de son immensité, de son éloignement et de la nature épars de l'océan ouvert, l'accès et le suivi restent difficiles. En conséquence, les tendances de diversité et le statut des espèces pélagiques sont encore mal évalués.
"Le projet MOOBYF auquel nous participons vise à utiliser les Dispositifs de Concentration de Poissons (DCP), des bouées ou radeaux artificiels déployés au large par les pêcheurs pour attirer les poissons, pour observer l'océan ouvert et sa biodiversité, reprend le Pr Eric Parmentier, directeur du Laboratoire de l'ULiège. Ces dispositifs exploitent le comportement associatif de nombreuses espèces de poissons tropicaux qui se regroupent autour des objets flottants." Le projet prévoit d'utiliser ces DCP comme plateformes scientifiques pour accéder à la biodiversité pélagique et la surveiller avec les pêcheurs. Les zones d'étude principales sont situées dans l'océan Indien, à Mayotte (département d'outre-mer français), aux Maldives et en Indonésie, en se concentrant sur trois principaux groupes taxonomiques : les poissons téléostéens, les élasmobranches (requins et raies) et les cétacés.
MOOBYF est financé par l'Europe dans le cadre du programme BiodivErsa+. Avec un budget global de huit millions d’euros, le projet implique trente-deux partenaires de six pays (France, Allemagne, Italie, Belgique, Maldives et Indonésie) et sept instituts de recherche: IRD, ZMT, CNR, Université de Padoue, Université de Liège, MMRI et BRIN.
Contacts à l'ULiège
Marine Banse
Éric Parmentier