Rencontre avec un Alumni | Benjamin L'Homme


Benjamin L'Homme, Parrain de la promotion des diplômé·es 2024 est titulaire d'un master en sciences Chimiques (2011) et d'un doctorat en sciences en 2015. Aujourd'hui, il travaille en tant que Plant Quality Manager chez Anheuser-Busch InBev.

Alumni  LHomme
© Benjamin L'Homme

Formation

Pouvez-vous résumer votre parcours ? 

J’ai commencé mon bachelier en chimie en 2006 grâce à ma Professeure de chimie de secondaire qui m’en a donné le goût et m’a transmis sa passion pour cette matière. S’en est suivi un master à finalité approfondie en m’orientant vers la chimie analytique et un doctorat dans la foulée chez le Professeur Focant. J’ai choisi le master à finalité approfondie car j’étais vraiment intéressé d’aller au bout de la connaissance et découvrir, au début de ma carrière du moins, la recherche.

 

Points forts de la formation

J’ai apprécié la variété des matières en chimie dès les premières années avec des labos. Cela éveille directement aux branches de la chimie et permet de voir directement si on aime la matière. Nous avions aussi des évaluations pendant l’année qui permettaient des dispenses aux examens pour le volet « exercices » des cours de chimie. Cela m’a bien aidé car à l’époque j’avais complètement raté ma toute première interro. Et cela m’a permis avant ma première session d’examens de me réveiller et trouver une autre méthode de travail.

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Doctorat

Comment avez-vous décroché votre bourse de recherche ?

J’ai obtenu un poste d’assistant pour commencer ma thèse et j’ai défendu mon projet au FRIA dans la foulée. A l’obtention de celle-ci je suis donc parti pour un doctorat de 4 ans sur cette bourse.

Le but de la thèse était de développer une méthode d’analyse non-invasive pour l’analyse de polluants éternels dans le corps humain. On s’est servi du test de Guthrie (gouttes de sang sur papier buvard) comme méthode d’échantillonnage. La méthode d’analyse était basée sur une technique de maximalisation du signal grâce à la chromatographie bidimentionnelle (GCxGC)

Pouvez-vous nous décrire votre environnement de travail ? Qu'attend-on des PhDs ? Avez-vous remarqué des différences avec la Belgique ?

L’environnement était dynamique. On attendait de l’autonomie, ce qui peut parfois être difficile quand on bute sur un problème. Nous nous aidions pas mal entre doctorants, ce qui a créé une certaine émulation entre-nous. Nous avions aussi plusieurs conférences à l’étranger, et c’est à ces occasions que j’ai vraiment pratiqué l’Anglais (et que j’ai aussi beaucoup commencé à voyager). Ce dernier élément était un réel facteur de motivation pour moi. Le Professeur Focant nous disait à tous que nous pouvions voyager tant qu’on voulait, on trouvait toujours des financements, à condition de faire avancer la recherche et avoir des résultats « frais » à présenter. Les conférences compensaient donc bien les moments difficiles au labo.

 

Profession

Quelles ont été les différentes étapes de votre carrière ?

J’ai commencé à travailler en tant que « Scientist » chez DSM aux Pays-Bas dans mon domaine d’expertise. J’ai été engagé avant la fin de mon doctorat pour le savoir que j’avais développé pendant ces années de recherche. Nous développions des méthodes d’analyse pour des clients actifs dans la chimie lourde.

Après environ 2 ans, j’ai décidé de quitter l’entreprise et j’ai été engagé chez ABInbev à la brasserie de Jupille en tant responsable de l’équipe contrôle qualité. J’ai occupé ce poste 6 mois avant de passer 3 ans et demi au département brassage comme ingénieur process. Depuis presque 4 ans maintenant je suis retourné en qualité comme responsable du département.

Comment s'est passée votre expérience à l'étranger ?

J’ai ressenti un peu la culture hollandaise mais elle n’était pas tellement marquée car j’avais des collègues flamands et d’autres contrées européennes. Les clients pour lesquels on travaillait venaient également du monde entier. Cela dit l’expérience a été très enrichissante car on apprend à vivre avec des personnes et des cultures différentes. Le début n’était pas simple car je ne parlais plus du tout Français de la journée et mine de rien cela demande de l’adaptation et cela crée une fatigue mentale. J’ai pu facilement m’adapter car d’un point de vue scientifique je n’étais pas complètement en dehors de ma zone de confort. Je pense de manière générale qu’il faut éviter de changer brusquement trop de paramètres en changeant de travail. J’ai pu constater que changer une chose à la fois permet de mieux s’adapter : soit changer de langue ou de culture, soit de domaine de compétence, soit de niveau hiérarchique

En quoi consiste votre travail ?

Ce virement à 180° entre DSM et ABInbev m’a éloigné de la chimie pure mais m’a permis de développer mes compétences de gestion humaines, de performance et en matière de gestion des coûts. Ce qui me plait le plus est de faire partie d’une entreprise qui rêve grand, qui donne des responsabilités, et qui permet de se développer dans des domaines que l’on connait moins.

 

Apport de votre formation

Quels ont été les apports de votre formation dans votre vie professionnelle ? 

C’est surtout la méthodologie scientifique, et le sens de l’analyse, de l’approche analytique qui m’a été profitable. Ce ne sont plus que rarement mes compétences de chimiste qui me sont utiles, étant sorti de ce domaine, mais plutôt les compétences « douces » auxquelles l’université forme qui me sont utiles au quotidien.

Quels sont vos projets pour le futur ?

On ne sait jamais de quoi l’avenir est fait et ce que je retiens de ma courte expérience est qu’il ne faut pas planifier d’occuper une fonction dans une entreprise en particulier mais plutôt réfléchir à ce qu’on a envie de faire. Les opportunités arrivent parfois quand on ne s’y attend pas et ce sont les choix que l’on pose qui font une carrière.

 

Aux futur·es étudiant·es

Posez le plus de questions possible aux professeurs et assistants pour rentrer dans une spirale positive de succès. Il faut s’accrocher directement à la matière pour ne pas accumuler de la matière que l’on ne comprend pas car le train va très vite. L’université de Liège offre de magnifiques formations et donne les outils qu’il faut pour rentrer dans le monde professionnel. La clé est la faculté d’adaptation et la capacité à se rendre compte des atouts que l’on possède.

Benjamin L'Homme

Publié par Anthony Dupuis, le 30 septembre 2024
modifié le 30/09/2024

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