Le rapport "Navigating the Future VI" du European Marine Board, avec la contribution de Loïc Michel de l’Université de Liège, met en lumière les défis critiques pour protéger la biodiversité marine face aux changements environnementaux. Il propose des solutions concrètes pour prévenir les migrations d’espèces, les épidémies marines, et gérer les conflits humains, tout en alertant sur l’urgence d’agir pour éviter des coûts économiques et écologiques majeurs.
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e rapport Navigating the Future VI (NFVI), publié par le European Marine Board (EMB), propose une synthèse critique des connaissances actuelles sur les océans et leur gestion durable. Ce document, qui en est à sa sixième édition depuis le lancement de cette initiative en 2001, constitue une feuille de route stratégique destinée aux décideurs politiques, gestionnaires de l’environnement, ONG, et au grand public. Son objectif est de formuler des recommandations concrètes pour répondre aux défis environnementaux et sociétaux liés à la santé des écosystèmes marins dans le contexte des changements climatiques.
Parmi les experts qui ont contribué à cette publication, Loïc Michel, océanologue à l’Université de Liège, a joué un rôle déterminant au sein du panel de chercheurs responsables du chapitre sur l’océan et la biodiversité. Unique représentant de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans ce projet, Loïc Michel a mis en avant les enjeux prioritaires pour protéger les écosystèmes marins face à l’érosion de leur biodiversité. Ce chapitre met en lumière les impacts des activités humaines et du réchauffement climatique sur les espèces marines, tout en soulignant l’urgence d’agir pour préserver leur équilibre.
"Le rapport souligne que le changement climatique, qui amène au réchauffement des océans, pousse de nombreuses espèces marines à migrer vers de nouveaux habitats, souvent avec des conséquences imprévues, explique Loïc Michel. Ces mouvements peuvent favoriser la propagation de microorganismes pathogènes, menaçant à la fois les espèces natives et celles nouvellement arrivées." Un constat alarmant qui appelle à une meilleure compréhension des interactions complexes entre les organismes marins et leur environnement afin de prévenir des épidémies qui pourraient entraîner des extinctions locales.
Pour Loïc Michel et ses collègues, il est essentiel de combiner les approches traditionnelles de taxonomie* avec les méthodes modernes de génomique afin d’accélérer l’identification des espèces et de rendre le suivi de la biodiversité plus efficace. Par ailleurs, le rapport insiste sur la nécessité de gérer les conflits humains liés au déplacement des espèces d’intérêt commercial, une conséquence directe du réchauffement océanique.
Le rapport Navigating the Future VI ne se limite pas à une analyse des problèmes ; il propose également des solutions concrètes et opérationnelles. Ce document se veut un outil accessible, écrit dans un style clair et concis, pour stimuler une action collective. Il s’adresse aussi bien aux décideurs politiques qu’aux chercheurs et gestionnaires de l’environnement. L’objectif est de traduire les connaissances scientifiques en politiques pragmatiques, dans l’esprit des initiatives internationales telles que la Décennie de l’Océan des Nations unies ou la mission européenne Restore our Ocean and Waters.
Enfin, le rapport met en garde contre le coût économique et sociétal de l’inaction face à la dégradation des océans. Il insiste sur l’importance d’investir dans la conservation et la restauration des écosystèmes marins, soulignant que les bénéfices à long terme surpasseront de loin les dépenses initiales.
Ce rapport, fruit d’une collaboration entre 33 experts de 16 pays, dont Loïc Michel, est une ressource précieuse pour comprendre les enjeux marins et inspirer des politiques efficaces. Il est disponible en accès libre sur le site du European Marine Board. En agissant rapidement et de manière coordonnée, il est encore possible de préserver nos océans pour les générations futures.
* La taxonomie est la science qui consiste à décrire, nommer et classer les organismes vivants en groupes hiérarchiques basés sur leurs caractéristiques communes. Elle vise à organiser la diversité du vivant de manière systématique, en établissant des relations entre les espèces selon leur parenté évolutive.
Référence scientifique
Navigating the Future IV (2024)
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Loïc Michel