Portrait Canopéen : Anne-Laure GEBOES
Portrait d'Anne-Laure Geboes, chargée de mission « biodiversité » chez Canopea, pour qui la nature est un bienfait qu’il faut à tout prix préserver.
Anne-Laure Geboes, Master en biologie des organismes et écologie (2012), est chargée de mission « Biodiversité » chez Canopea où elle contribue à ce qui lui tient particulièrement à coeur : faire avancer les choses en matière de biodiversité en Wallonie.
Comment s'est fait le choix de vos études et de l'université de Liège ?
J’ai toujours su que je voulais étudier la biologie. Depuis l’enfance, je me suis intéressée à tout ce qui touchait à cette discipline. J’ai toujours aimé lire des livres sur ces matières. En vacances à la montagne ou en randonnées avec mes parents, je passais mon temps à regarder et tenter d’identifier les fleurs. Mais ce qui me passionnait au plus haut point, c’était la biologie marine et les mammifères marins.
Puis, adolescente, j’ai commencé à participer à des sorties ornithologiques organisées par Aves-Liège et Aves-Jeunes (devenu aujourd’hui Natagora, après la fusion entre Aves et RNOB). Je me suis alors prise de passion pour les oiseaux et j’ai alors développé mes connaissances sur ce groupe d’espèces.
Arrivée au moment du choix, j’hésitais toujours entre le biologie marine ou la conservation de la nature au sens large. L’ouverture des cours universitaires aux étudiants de 6e secondaire m’a permis de faire mon choix. Je me rappelle avoir assisté au cours de Biologie animale de M. Bouquegneau, qui avait intelligemment utilisé pour son cours des extraits d’un magnifique documentaire sur la vie marine qui venait de sortir au cinéma. Le soir-même, une projection était organisée par l’ULiège. J’ai également assisté à un cours de biologie végétale dans une faculté de bioingénieurs. Mais les quelques digressions en faveur de l’agriculture intensive et des OGMs m’ont complètement refroidie. J’ai donc opté pour l’ULiège, c’était bien la biologie au sens large qui me passionnait, pas « l’ingénierie biologique ». Le choix du Master en « Biologie des organismes et écologie » était aussi une évidence pour moi.
De plus, habitant la périphérie liégeoise, c’était un choix pratique évident. C’est également une des deux universités où la biologie marine était la plus développée.
Alors que ma première idée en commençant l’université, c’était de devenir biologiste marine, j’ai finalement et définitivement bifurqué vers l’envie de travailler sur les oiseaux et la conservation de la nature.
Quels sont les points forts de votre formation à l’ULiège ?
Il y a deux points forts que je soulignerais.
Premièrement, nous avons eu une solide formation dans divers domaines de la biologie, de la biochimie à l’écologie. Nous ne sommes pas vraiment des spécialistes dans un domaine précis mais on nous donne la capacité en sortant de nos études à pouvoir s’intégrer dans n’importe quel domaine ayant trait à la biologie. On touche à tout, cela nous permet d’avoir un regard sur d’autres matières que nous n’aurions pas considérées au début de nos études. On se spécialise au fur et à mesure des opportunités.
Le deuxième point fort, ce sont les nombreuses journées de terrain tout au long de la formation. Les sorties de terrain concernent la faune et la flore de Belgique, la biologie de la conservation, la biogéographie, la biologie marine, etc. J’ai eu la chance de participer à de nombreux séjours en France, à Ténérife et en Roumanie, dont je garde d’excellents souvenirs. Je pense même que c’est à l’ULiège qu’il y a le plus de terrain en Belgique dans le cadre des études de biologie.
Il y a deux points forts que je soulignerais.
Premièrement, nous avons eu une solide formation dans divers domaines de la biologie, de la biochimie à l’écologie.
Le deuxième point fort, ce sont les nombreuses journées de terrain tout au long de la formation.
Quelles ont été les différentes étapes de votre carrière ?
J’ai d’abord travaillé 6 ans comme assistante chez le Prof. Emmanuel Sérusiaux, que je remercie d’ailleurs pour m’avoir offert cette belle opportunité.
Ma mission principale était le lancement d’un nouveau Master spécialisé « Biologie de la Conservation : Biodiversité et Gestion », auquel j’aurais rêvé de participer en tant qu’étudiante. Car malgré les nombreux atouts de notre formation de biologiste, il manquait notamment une formation plus poussée dans le domaine de la conservation de la nature.
L’objectif était de faire acquérir aux futurs biologistes qui se destinaient à ce type de travail des compétences à la fois théoriques et pratiques qui leur permettraient de s’insérer plus facilement dans ce domaine. Le Master consolide leurs connaissances en matière de faune et de flore, des techniques de gestion de la nature, de maitrise de la cartographie, de la législation, etc. Une particularité très intéressante est la réalisation d’un stage pratique au sein d’un organisme extérieur à l’université ainsi qu’un sujet de mémoire qui doit obligatoirement se faire en collaboration avec un organisme de conservation de la nature qui ne soit pas un institut de recherche ou une université. Le succès de ce master a été quasiment immédiat et la proportion d’étudiants qui trouvent un travail dans le domaine de la conservation de la nature est élevée.
Pour quel organisme travaillez-vous actuellement ?
Après cette expérience, j’ai été engagée comme chargée de mission « Biodiversité » chez Canopea (anciennement Inter-Environnement Wallonie). C’est la fédération des associations environnementales en Wallonie.
Notre rôle est de représenter le secteur environnemental auprès du politique. C’est donc un travail de lobbying (ou plaidoyer) qui est très diversifié et qui fait appel à notre expertise. Pour ma part, je travaille sur tout ce qui touche à la biodiversité de près ou de loin. C’est très gratifiant quand un dossier aboutit ou quand on arrive à convaincre. L’intérêt réside aussi dans l’imbrication des différentes matières des autres collègues (aménagement du territoire, énergie, mobilité, etc.). On ne travaille pas chacun dans son coin, mais bien en interdisciplinarité. Souvent, les sujets s’entremêlent. Par exemple, le sujet des éoliennes et des oiseaux. Cela permet de développer des avis nuancés qui tiennent compte de toute une série de paramètres.
Jusqu’à présent, j’ai travaillé sur des matières aussi diverses que l’agriculture (la PAC), la forêt (les Assises de la Forêt), la chasse et bien sûr la nature (loi sur la conservation de la nature au niveau wallon ou la loi sur la restauration de la nature au niveau européen par exemple), ou des sujets plus précis comme le débardage au cheval (pour la protection des sols et de la biodiversité), les chiens de protection contre les attaques de loup sur le bétail, ou la tenderie en recrudescence en Wallonie.
Portrait d'Anne-Laure Geboes, chargée de mission « biodiversité » chez Canopea, pour qui la nature est un bienfait qu’il faut à tout prix préserver.
Quels ont été les apports de votre formation dans votre vie professionnelle ?
La capacité à s’intéresser à différentes matières et à établir des ponts entre elles et le travail en autonomie.
Que vous a apporté votre formation sur le plan personnel ?
La première partie de mon parcours universitaire n’a pas été simple mais il m’a appris la persévérance. J’y ai aussi rencontré des personnes formidables que je côtoie toujours aujourd’hui.
Souhaitez-vous partager une un évènement particulièrement enrichissant de votre parcours ?
Je voudrais ici rendre hommage à mon promoteur de mémoire, le Prof. Roland Libois, qui était une personnalité connue dans le milieu de la conservation de la nature. Il m’a permis de travailler sur un animal mythique, la loutre d’Europe. Les résultats de ce mémoire ont été utiles et cités dans une monographie sur la loutre d’Europe, écrit par mon co-promoteur René Rosoux, aux Editions Biotopes.
Quels sont vos projets pour le futur ?
J’ai à cœur de continuer mon travail de plaidoyer et de contribuer à faire avancer les choses en matière de biodiversité en Wallonie. En tant que collaboratrice scientifique au sein du service de M. Nicolas Magain (Biologie de l’Evolution et de la Conservation), je souhaiterais continuer à le soutenir au mieux de mes possibilités dans le domaine de la conservation de la nature.
Faites vos choix selon vos propres envies, soyez proactifs, persévérez et choisissez bien les professeurs qui pourront vous encadrer au mieux. Et surtout profitez au mieux de cette période d’études qui ouvre des tas d’opportunités pour la suite.
Pour ceux qui se destinent à la conservation de la nature, faites du terrain, rencontrez d’autres naturalistes, et intégrez-vous dans le tissu associatif en fonction de vos disponibilités.