METIS passe le cap de la conception



METIS, le futur imageur et spectrographe de l’Extremely Large Telescope (ELT) vient de passer avec succès son examen préliminaire de conception au siège de l’ESO. Cet équipement de pointe, auquel collaborent les chercheurs du PSILab (UR STAR / Faculté des Sciences) de l’Université de Liège, aura la capacité d’imager et d’étudier des exoplanètes, voir éventuellement de détecter des signatures qui pourraient être liées à de l’activité biologique à la surface d’une planète détectée autour d’une étoile proche.

METIS (Mid-infrared ELT Imager and Spectrograph), l’imageur infrarouge du futur Extremely Large Telescope (ELT), un projet européen porté par l’European Southern Observatory (ESO), vient de passer avec succès une phase importante de design préliminaire au siège de l’ESO situé à Garching, en Allemagne. L’imageur utilisera le grand miroir principal de l’ELT pour étudier un large éventail de sujets scientifiques, des objets de notre système solaire aux galaxies actives lointaines. METIS sera extrêmement bien adapté à l'étude du cycle de vie des étoiles, depuis les étoiles naissantes et les disques planétaires jusqu'aux étoiles plus anciennes en fin de vie. L’Université de Liège – partie prenante dans ce projet - et plus particulièrement les chercheurs du PSILab (Unité de recherches STAR / Faculté des Sciences) se réjouissent du succès de cette nouvelle étape. « La contribution de l'Université de Liège à l'instrument METIS consiste à développer l'ensemble des modes d'imagerie directe pour les exoplanètes, nécessaires pour atteindre ses objectifs ambitieux, explique Olivier Absil,  chercheur qualifié FRS-FNRS et directeur du PSILab. En particulier, ULiège va fournir une série de coronographes pour permettre d'étudier en détail l'environnement direct d'étoiles situées dans notre voisinage galactique. »  

L'Extremely Large Telescope - qui devrait être mis en service en 2025 sur le site de Cerro Armazones au Chili - sera le plus grand télescope optique à infrarouge moyen sur Terre. Muni d’un miroir de 39 mètres et disposant de systèmes d'optique adaptative avancés, le télescope terrestre aura une résolution six fois supérieure à celle du télescope spatial James Webb (qui devrait être lancé en mars 2021). METIS profitera pleinement de ce remarquable télescope et de son optique adaptative pour sonder la structure et la composition des objets avec une précision révolutionnaire. METIS devrait apporter de grandes contributions à l'un des domaines les plus dynamiques et les plus passionnants de l'astronomie pour les scientifiques et le public : les exoplanètes. L'instrument pourra étudier la température, la météo et les changements saisonniers de l'atmosphère de nombreuses exoplanètes géantes. En outre, METIS a le potentiel de détecter directement quelques exoplanètes de type terrestre autour des étoiles les plus proches et, dans les cas les plus favorables, d'étudier la composition de leur atmosphère.

La contribution de l’ULiège à METIS est coordonnée par Olivier Absil, chercheur qualifié au FNRS et co-investigateur de l'instrument METIS . Cette contribution a été rendue possible grâce à un financement du Conseil européen de la recherche  (ERC Consolidator Grant), décroché par Olivier Absil en 2018 pour son projet EPIC.

Les chercheurs de l’équipe du PSILab impliqué dans ce projet : Olivier Absil, Denis Defrère, Christian Delacroix, Gilles Orban de Xivry, Matthew Willson, Anne-Lise Maire et Lorenzo König

ELT ESO 

La montagne Cerro Armazones, dans le désert chilien, près de l'observatoire Paranal de l'ESO, sera le site de l'ELT (European Extremely Large Telescope), qui, avec son miroir de 39 mètres de diamètre, sera le plus grand œil du monde sur le ciel. Ici, un rendu d'artiste montre à quoi ressemblera le télescope lorsqu'il sera terminé. Credit: ESO/L. Calçada

Le consortium METIS

  • NOVA (Ecole néerlandaise de recherche en astronomie représentée par l'Université de Leiden, Pays-Bas),
  • Institut Max Planck d'astronomie (MPIA, basé à Heidelberg, Allemagne)
  • Université de Cologne (Allemagne)
  • Centre technologique d'astronomie du Royaume-Uni (UKATC, à Edimbourg, Ecosse, Royaume-Uni)
  • KULeuven (Belgique)
  • Centre de recherche nucléaire de Saclay (CEA Saclay, France)
  • Centre d'astrophysique et de gravitation (CENTRA), Université de Lisbonne, Portugal)
  • ETH Zürich (Suisse)
  • A* (un partenariat autrichien représenté par l'Université de Vienne, l'Université d'Innsbruck, l'Université de Graz, l'Université de Linz et le RICAM Linz, Académie autrichienne des sciences, Autriche)
  • Université du Michigan à Ann Arbor (États-Unis)
  • Institut d'astronomie et d'astrophysique Academia Sinica à Taipei (Taiwan)
  • Université de Liège (Belgique)

avec des contributions de l'ESO.


Illustration : Représentation artistique de l'ensemble d'instruments METIS installés sur l’ELT. METIS, abréviation de Mid-infrared ELT Imager and Spectrograph, utilisera pleinement le grand miroir principal du télescope pour étudier un large éventail de sujets scientifiques, des objets de notre système solaire aux galaxies actives lointaines. Credit:  ESO/METIS Consortium/L. Calçada

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